Orgasme : liberté ou tyrannie ?

L’orgasme, tout le monde en parle. Les médias attirent une audience intéressée et curieuse en prônant à tors et à travers un orgasme facile et naturel. Mais en tant qu’individu on reste encore un peu gêné, abordant la question très souvent sur le ton de la plaisanterie.

Rare sont ceux qui témoignent sincèrement de leur vécu orgasmique. On donne le change en prenant un air détaché, mais généralement ce n’est que pour se faire valoir aux yeux des autres.

On a pris l’habitude de faire comme si l’orgasme était un dû, comme si chacun l’avait trouvé, dompté et intégré à sa pratique sexuelle. Pourtant, un grand nombre de personnes s’interrogent sur la qualité de leurs sensations durant l’acte amoureux.

Orgasme : tyrannie ou liberté

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais malgré tout le plaisir que j’éprouve dans mes échanges sexuels, je ne peux m’empêcher de me demander s’il n’y aurait pas quelques plaisirs que je n’aurais pas encore découvert, quelques sommets de sensualité qui m’auraient échappés.

Pire encore : serait-il possible que ma propre compagne aie quelques frustrations à ce sujet ? On sait qu’un grand nombre de femmes simulent l’orgasme et qu’elles le font avec beaucoup de talent…

Les forums féminins grouillent de questions sur l’orgasme, sur sa nature et les moyens de l’atteindre :

« Comment savoir si j’ai déjà réellement vécu l’orgasme ? »

« Mon compagnon est trop rapide, je n’ai pas le temps de prendre mon plaisir, que faire ? »

« Comment s’y prendre pour atteindre le 7e Ciel ? »

« Je simule… est-ce grave, docteur ? »

L’orgasme est devenu la condition sine qua non du couple heureux. Il fait l’objet de tant de revendications qu’il devient difficile de ne pas s’en inquiéter.

Il faut assurer, prendre son pied tout en donnant à l’autre sa dose de plaisir extrême. Il faut être performant sous peine d’être jugé nul, voire d’être carrément abandonné par l’autre.

La tyrannie de l’orgasme bat son plein et soumet la plupart d’entre-nous à des pressions de plus en plus fortes. Mais l’orgasme ne devrait-il pas plutôt être une liberté ?

Comment s’y retrouver pour pouvoir se situer au milieu des diktats de nos conditionnements sociaux en matière sexuelle ? Il est utile de faire le point sur ce qu’est réellement l’orgasme et de définir comment il intervient dans sa propre vie intime.

Orgasme : définition

L’orgasme est le sommet du plaisir sexuel. Il se manifeste à la fois de manière physique et psychologique. L’orgasme est une jouissance extrême que l’on obtient par intensification progressive de l’excitation sexuelle.

Cette excitation montante est accompagnée de contractions musculaires de plus en plus intenses et rapides, d’une accélération du rythme respiratoire et cardiaque, jusqu’à un point de libération, comme un relâchement spontané.

Généralement, l’orgasme est atteint par stimulation du pénis, du clitoris ou du vagin. Mais de nombreuses autres parties du corps participent à l’excitation qui mène à l’orgasme : seins, ventre, anus, intérieur des cuisses, cou, dos, aisselles, bouche, arrière des genoux, pieds, fesses… Ces parties sont, pour la plupart d’entre nous, les principales zones sensibles, ces zones dites érogènes.

Avec l’excitation sexuelle, des contractions rythmées et de plus en plus rapides s’intensifient dans la zone du périnée. L’homme sent son anus, sa prostate et la base de son pénis se contracter en vue de l’éjaculation. Chez la femme qui approche de l’orgasme, le clitoris en érection se retire sous son capuchon. Les petites lèvres gonflent et deviennent plus sensibles. Juste avant l’orgasme, le vagin diminue de volume et se gorge de sang, les muscles de l’utérus se contractent.

L’orgasme est aussi caractérisé par une baisse de la conscience de l’environnement : on ne sait plus très bien où on est et il faut dire qu’à ce moment-là, on s’en tape !

Les pupilles se dilatent, la peau devient plus rouge, les mamelons se durcissent. Le corps est pris de contractions musculaires diverses, la respiration s’amplifie et apporte un surcroît d’oxygène qui décuple les sensations.

Des spasmes du visage, contraction des sourcils, ouverture de la bouche et fermeture des yeux forment une mimique propre à chacun qui accompagne les soupirs, les râles ou les cris. Au moment de l’orgasme, les femmes écartent souvent leurs orteils.

Sur le plan neurologique, l’orgasme libère de l’ocytocine, hormone qui provoque une sensation de profond bien-être et une euphorie généralisée.

Ainsi, l’orgasme n’est pas limité aux seules parties génitales, mais s’étend à tout le corps.

L’orgasme est donc la libération d’une forte tension sexuelle et tout le monde s’accorde à dire qu’il procure un plaisir intense. Mais comment faire pour le quantifier ? Impossible. Le plaisir est une notion subjective qui ne peut être mesurée. Aucune échelle, même pas celle de Richter, ne permet de comparer l’intensité du plaisir…

Cette perception psycho-sensorielle est vécue par chacun à travers ses sens et au cœur de son univers interne, de manière complètement unique et personnelle. C’est pourquoi il est très difficile de définir l’orgasme.

Orgasme : c’est dans la tête !

Il faut dire que la compréhension de l’orgasme est rendue encore plus compliquée par les aspects psychologiques qui l’influencent. L’état mental dans lequel on se trouve en faisant l’amour est particulièrement impliqué dans la réponse sexuelle. Cette disposition d’esprit varie selon les personnes et selon les moments.

Les stimulations psychologiques sont donc aussi très importantes dans le rapport amoureux et sexuel. Le monde de l’imaginaire et des fantasmes intervient pour une bonne part dans la montée de l’excitation qui mène à l’orgasme.

L’érotisme est une tournure mentale qui mène à sexualiser des pensées, des situations ou des objets pour y trouver une excitation sexuelle. L’érotisme est donc une qualité hautement individuelle, liée à l’expérience personnelle de chacun. Les fantasmes en sont l’expression naturelle et forment le mode d’excitation unique de chaque personne.

Les neurosciences montrent que la stimulation des zones érogènes procure des récompenses dans le cerveau sous forme de sensations de plaisir et de jouissance. Pour l’être humain de notre temps, le but de la relation sexuelle n’est plus la reproduction, mais une expérience érotique qui permet d’accéder aux plaisirs sensuels. L’orgasme en est souvent le but ultime, par la stimulation des zones sensibles du corps.

Si le sexe est bien entre les jambes, son fonctionnement prend source dans le cerveau. Il est donc essentiel de se sentir psychologiquement à l’aise et libre de ses actes, de lâcher le contrôle du mental pour laisser libre cours à la réponse sexuelle.

Pour réconcilier les vaginales et les clitoridiennes

Freud distinguait deux orgasmes différents : le clitoridien, qu’il considérait comme infantile et le vaginal, définit comme « l’orgasme de la femme mature ». Il faut voir ici les premières réflexions sur la découverte des sensations internes que la femme doit faire pour apprivoiser son creux. En effet, le vagin étant un organe interne, la femme n’a que peu d’occasion de le ressentir au cours de ses activités quotidiennes.

Mais les récentes recherches montrent que le clitoris possède des branches profondes qui entourent les parois vaginales. Ainsi, lors de la pénétration, ce sont les racines du clitoris qui sont stimulées de l’intérieur. Le fameux point G serait l’activateur d’un plaisir vaginal qui en fait est clitoridien.

Bref, il semble que le plaisir vaginal ou clitoridien soit de même origine : la stimulation du clitoris se faisant dans les deux cas par une autre extrémité…

Il reste que le plaisir vaginal est fortement augmenté par l’aspect psychologique du lien affectif que symbolise le coït. Se sentir uni physiquement avec la personne qu’on aime est une source de fantasme érotique très puissant.

L’orgasme est aussi émotion

Après l’orgasme apparaît une phase réfractaire dite de « résolution » durant laquelle l’un ou l’autre peut sombrer dans le sommeil, avec à la clé un possible sentiment d’abandon pour celui qui reste éveillé.

Il peut aussi y avoir des pleurs spontanés, surtout quand la charge émotionnelle et l’excitation sexuelle ont été fortement ressenties. Le relâchement est parfois si fort que des frissons remontent du bassin jusqu’à la tête.

Orgasme et performances

Le contraste du retour à la réalité après une expérience sexuelle intense peut s’avérer perturbant pour certaines personnes. Il peut aussi y avoir un sentiment d’échec si l’attente extatique n’a pas été éprouvée aussi pleinement qu’attendu.

Il arrive que des pleurs de joie apparaissent au cours de l’orgasme lui-même ou au contraire des éclats de rires.

Toutes ces manifestations émotionnelles ont beaucoup de sens pour la personne qui les ressent. Elles peuvent exprimer la plénitude comme la tristesse, la mélancolie ou la nostalgie.

Orgasme ou performance

Certaines personnes sont multi-orgasmiques, ce qui signifie qu’elles sont capables d’avoir plusieurs orgasmes rapprochés. Les femmes sont nombreuses à avoir cette faculté, alors qu’elle est rare chez les hommes.

Cette capacité particulière à enchaîner les extases fait fantasmer beaucoup de monde. Malheureusement, le désir multi-orgasmique participe souvent à la tyrannie de l’orgasme, poussant certains dans une quête éperdue.

Plusieurs orgasmes successifs, c’est bien, mais vouloir cela absolument nécessite trop de contrôle pour se laisser simplement emporter dans le lien amoureux.

Et se lâcher, c’est aussi bien, ne l’oublions pas !

Le meilleur moyen de profiter de l’orgasme est justement d’oublier la notion de performance et d’entrer dans l’échange amoureux, qui est fait de surprises et de créativité.

L’équilibre entre maîtrise du corps et lâcher-prise sera sans doute toujours au centre de nos défis amoureux et la clé de nos orgasmes partagés.

Il est fondamental de comprendre que l’orgasme n’est pas un but en soi. Ce n’est pas un objectif à atteindre absolument, mais plutôt une expérience heureuse qui résulte d’un plaisir partagé.

Tous les gestes de l’amour, toutes les étapes du rapport sexuel devraient pouvoir se suffire à eux-mêmes, comblant les amants d’une sensualité subtile et complice.

Maintenant, dites-moi dans les commentaires ci-dessous quels sont vos plus grandes frustrations en matière d’orgasme et comment vous envisagez de les transformer. Je vous donnerai mes meilleurs trucs et astuces pour y arriver.

N’attendez pas le bonheur, créez-le !

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2 réflexions au sujet de « Orgasme : liberté ou tyrannie ? »

  1. Pas trop à l’aise pour laisser un message directement sur erotic-atitude, voici ce qu’une femme m’écrit par e-mail.
    Un témoignage touchant qui montre comment on peut avancer avec sincérité :

    « J’ai négligé jusqu’à maintenant sexualité et vie sentimentale ; je n’ai jamais été assez à l’aise et confiante avec un homme pour me laisser aller et pour éprouver un orgasme, même si les relations sexuelles sont plutôt agréables pour moi.
    En solo je n’ai que des orgasmes clitoridiens, mais pas de quoi monter au plafond.
    Voici comment je compte avancer :
    1) Explorer mon corps et découvrir l’orgasme et les sensations en solo
    2) M’investir dans une relation de couple »

  2. J’ai l’impression que l’orgasme est plus évident pour un homme que pour une femme, mais tout aussi important pour les deux sexes. Pour ma part, il m’est arrivé d’avoir du mal à avoir un orgasme, suite à des périodes de stress, angoisse, dépression. Il suffit parfois d’une petite déprime ou d’un peu de stress pour que l’orgasme soit moins fort, moins puissant, le mental a l’air de jouer beaucoup là-dedans. Aussi il m’a fallu des années pour m’épanouir réellement, je crois qu’au début, je n’avais que des orgasmes clitoridiens et puis que petit à petit mes orgasmes sont devenus plus complets, plus profonds, car plus vaginaux peut-être ? Difficile exactement de savoir ce qui se passe quand on est au bord de l’évanouissement… en pleine extase… Bien entendu, on a soi-même une grande part de responsabilité dans l’orgasme : on doit être détendue, laisser les soucis de côté, lâcher prise ; mais le partenaire aussi. Pas forcément besoin d’un gros pénis ou d’une grande expérience, un mec attentif (comme le mien !) arrive à sentir, à écouter juste ce qu’il faut pour être guidé et nous mener à l’orgasme… le plus naturellement du monde ! J’ai aussi été confronté à des partenaires qui n’avaient pas spécialement envie de me donner du plaisir, qui n’en prenaient que pour eux. Difficile dans ce cas de s’épanouir et je comprends que certaines femmes puissent alors être moins disposées au sexe… Sans chercher la performance, bien au contraire, juste chercher à se donner mutuellement du plaisir, à s’amuser, en cultivant la complicité, peut suffire pour une sexualité sereine et de bôôôôô orgasmes 🙂

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