Salon de l'érotisme, sordide et cliché

Salon de l’érotisme : sordide et très cliché !

Le week-end dernier, je suis allé faire un tour au salon de l’érotisme à Genève, histoire de voir un peu comment évolue la représentation du sexe dans notre société actuelle. Grosse déception, j’ai trouvé l’ambiance sordide et le contenu très cliché.

Autant vous prévenir tout de suite : l’objectif de cet article n’est pas de faire plaisir à tout le monde et je ne sais pas si vous allez y trouver votre compte. Mais j’avais envie de donner mon avis là-dessus en y portant un regard aussi lucide que possible.

Salon de l’érotisme : sordide et très cliché

Il faut dire que je n’avais plus fréquenté de salon de l’érotisme depuis plusieurs années et que la dernière fois c’était à Berlin, une manifestation internationale et professionnelle, donc de haute tenue. Mais tout de même ! Ce n’est pas parce qu’on fait dans le petit salon régional qu’il faut bâcler son sujet.

En passant à la caisse (et comment !… les billets annoncés à CHF 37.- à la FNAC sont vendu à 45.- sur place et ce n’est pas rien, tout de même) on constate d’emblée que ce ne sera pas le salon de l’esthétisme. Rien ici pour séduire l’oeil ou créer une atmosphère de charme.

Même les photocopies du règlement sont moches et collées de travers. Amis du beau accrochez-vous : ce ne sera pas mieux à l’intérieur, bien qu’un pauvre tapis rouge ait été déroulé à l’entrée pour faire classe comme à Cannes…

Pour le fouler, il faudra d’abord présenter son ticket à cinq molosses en costard noir qui ne semblent pas être de grands adeptes du sourire. On n’est clairement pas chez les Bisounours, même si les gars ne paraissent pas non plus être de la mafia. Quoi que…

Nous voici donc dans la place. On n’est pas au Hilton Palace et les murs en béton brut peuvent plaire aux amateurs de hard-core underground, mais un brin de déco aurait été apprécié. En fait, c’est surtout un manque de goût, devrais-je dire un manque de joie, qui s’impose entre les stands.

Peut-être suis-je un peu trop sensible à l’esthétique, mais l’érotisme à mon sens ne peut en faire l’économie. Quant aux marchands, une quinzaine de stands seulement, ils semblent s’être installés à la hâte sur des étals bricolés ou vieillots, à l’exception d’un ou deux d’entre eux.

Ce qu’ils présentent est assez décevant. Les DVDs pornos et les propositions de massage alternent avec des bites en chocolat et des sous-vêtement comestibles. Le programme annonçait un paradis de shopping. Tu parles d’une blague !

Pas de nouveauté aguichante, des sex-toys surannés, des dessous pseudo-chics et du latex de seconde zone. Seuls un ou deux stands s’en sortent honorablement, mais franchement… mieux vaut faire un tour dans un bon sex-shop pour y découvrir de beaux objets. Quant au marchand de bonbons et au négociant de vins, on se demande ce qu’ils font là.

À l’accueil d’un ou l’autre des stands, quelques filles pas très vêtues, mais pas très jolies non plus, exhibent leurs poitrines refaites. Certaines invitent à les suivre, moyennant finance supplémentaire, dans de petits box où elles feront leur numéro pour enlever leur petite culotte.

En dix minutes on a fait le tour de l’exposition. Alors, vu le prix de l’entrée, on repasse une deuxième fois, plus lentement, mais sans grand enthousiasme. Heureusement, il y a encore deux étages… Surprise : le second n’offre que le restaurant. Et en plus, il est fermé en ce vendredi soir. Voilà qui ne laisse pas grand chose à se mettre sous la dent !

Les shows, ou l’apologie de l’érotisme cliché

Grimpons donc au troisième étage, là où sont programmés les shows chauds, que j’espérais même bouillants, mais là encore… Grande salle, grande scène et grand écran pour un public timide et peu nombreux, friand (ou pas) d’érotisme cliché.

On arrive au moment où Rocco Siffredi annonce la pause du spectacle. La star bien connue du cinéma porno, avec son membre de 24 cm en érection (deux fois plus grand que la norme qui est de 12cm) ne nous fera pas de démonstration ici. Il parraine le salon en tout bien tout honneur, avec son complet bleu et son petit accent italien.

Ma cavalière du jour profite de ce moment de flottement pour aller mater deux étalons bardés de leurs tablettes de chocolat, dans l’espace chippendales réservé exclusivement aux filles. Il paraît qu’elle peuvent toucher les torses musclés et qu’elles font des photos dans leurs bras. À voir comme elles ressortent en riant, on dirait bien que c’était cool !

Reprise du spectacle. Une fille bien roulée fait durer longuement son strip-tease en se trémoussant. Il faut dire qu’elle n’a pas grand chose à enlever et qu’elle doit faire bien des manières pour étirer sa prestation sur 15 minutes.

On assiste au déploiement de la panoplie standard des attitudes lascives et suggestives. Succion du doigt ou d’un godemiché, déplacement à quatre pattes… rien de bien passionnant ni de très excitant. Mais de nombreux spectateurs mitraillent tout de même avec leur smartphone.

Après avoir fait monter un spectateur sur la scène, la fille le désape complètement en jouant avec lui de diverses manière. Ça, c’était plutôt rigolo, mais j’aurais pas forcément voulu être à sa place.

Les shows vont se poursuivre durant tout le week-end et l’état d’esprit cliché sera sans doute omniprésent. C’est probablement ce qui est attendu du public, du moins c’est ce qu’on croit.

En marge de ces spectacles, d’autres scènes offrent semble-t-il des exhibitions plus « hot » ou du moins plus intimes. Mais il faut repasser à la caisse pour un ticket supplémentaire de 10.- ou 20.- à chaque fois. Bien que cela était annoncé dans le programme, cela me laisse perplexe en ce qui concerne la philosophie commerciale du lieu. Je renoncerai donc.

Quand au cinéma 3D annoncé comme un must, il ne s’agit que d’une petite projection, bien loin de l’écran panoramique. L’idée de m’asseoir avec trois ou quatre enlunettés disséminés dans une salle presque vide pour mater un bête porno ne m’enchante guère.

Encore un petit tour dans cette drôle d’enceinte à croiser des regards amusés ou fuyants en buvant une bière dans un gobelet en plastique… Et c’est tout ! Rien de plus.

Rien pour accueillir le public confortablement, pas d’espace convivial pour provoquer la rencontre et susciter le partage. Le salon de l’érotisme est orienté sur le voyeurisme, pas sur l’amélioration de la vie intime. On vient, on mate, on achète et on s’en va. Après avoir bien fantasmé, on repart avec ses frustrations ou, au mieux, avec ses rêves.

Un salon de l’érotisme ne devrait-il pas offrir plus que cela ? Ne devrait-il pas permettre aux gens d’être plus heureux dans leur lit ? Certes, avec une libido épanouie on consomme moins de porno et la frustration est le garant des bonnes affaires en ce domaine… Me voilà rendu à un sentiment de déception avec la désagréable impression de m’être fait roulé.

Salon de l’érotisme : oui ou non ?

Je ne vais pas juger toutes les manifestations qui abordent l’érotisme sur cette seule visite, mais je me demande quand même quel est le sens de tout cela. Si toutefois il y en a un.

Les organisateurs ne semblent pas très motivés à présenter la sexualité sous son aspect ludique, sain et naturel, telle qu’elle peut être propice au bonheur des amants. Ne s’en soucient-ils pas ou n’en ont-ils simplement pas conscience ? Je ne sais pas.

Il est certain qu’il est plus facile d’activer les leviers du manque, de la peur et de la frustration pour fourguer sa camelote que d’attirer le chaland avec un érotisme joyeux. Du coup, on ne fait pas trop dans la dentelle, si je puis dire, et on se contente de promouvoir une vision appauvrie de la sexualité, faite de porno redondant et d’accessoires surfaits.

Il faut pourtant croire qu’il y a une clientèle pour cela, des femmes et des hommes pour qui cet érotisme cliché et un peu sordide est une réalité, ou tout au moins une occasion de fantasmer. On le voit bien dans l’érotisme de publicité, qui utilise les mêmes principes pour vendre tout et n’importe quoi.

Du bon public pour le salon de l’érotisme

Parmi les groupes de mecs venus se rincer l’oeil entre copains et les grappes de filles curieuses accrochées par le bras les unes aux autres, quelques couples déambulent en quête de nouveauté ou de fantasmes qui pourraient raviver leur complicité et booster leur intimité. Certains repartiront avec un nouveau jouet à tester ensemble dès le retour à la maison… ou pourquoi pas déjà dans la voiture.

Tout ce petit monde, bravant plus ou moins les interdits qu’il a lui-même édifié, s’agglutine autour de l’objet du désir : le sexe fantasmé avant que d’être vécu… peut-être. Et si possible avec bonheur, tant qu’à faire !

Ce salon de l’érotisme ne m’a pas emballé, vous l’aurez compris. Mais je revois quelques couples débonnaires s’amusant de leurs regards luisants ou ces trois jeunes gars, 18 ans fraîchement tapés, qui allaient de stands en strip-tease avec un sourire commun et des yeux roulants en tout sens comme des aventuriers exaltés.

Malgré son côté cliché, sa présentation peu soignée et son prix exagéré, ce salon de l’érotisme, comme tous les autres sans doute, répond à une attente et à un besoin qui ne sont pas comblés par ailleurs.

Il n’y manquerait qu’un peu d’amour pour intégrer dans nos vies cette sexualité qu’on persiste à associer au côté sombre le l’humain, comme s’il ne pouvait y avoir d’excitation sans honte.

La sexualité peut aussi être lumineuse, subtile et raffinée, pleine de beauté et de douceur, de respect et de grâce. Elle peut être joyeuse et candide afin de s’amuser aussi, et pourquoi pas, d’une brutalité tendre et sans perdant. Un salon de l’érotisme devrait pouvoir présenter cela également.

Érotisme sordide, érotisme cliché… finalement, l’érotisme est ce qu’on en fait. Alors les salons de l’érotisme : oui, mais non… enfin… le mieux c’est encore d’aller y voir par soi-même.

Peut-être m’y rencontrerez-vous si je me décide à y prendre un stand pour présenter la philosophie erotic-attitude. Qu’en pensez-vous ? Ce serait une idée, plutôt que de critiquer ce qui s’y fait, de s’engager à y prendre part pour proposer une autre vision du sexe et de l’amour.

Donnez-moi donc votre avis à ce sujet dans l’espace commentaires ci-dessous. Pensez-vous qu’un stand erotic-attitude aurait sa place dans un salon de l’érotisme ? Croyez-vous que je saurais élever un peu le niveau de cet érotisme sordide et trop cliché ? N’hésitez pas à me soutenir ou à m’incendier, vos commentaires sont toujours les bienvenus…

N’attendez pas le bonheur, créez-le !

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2 réflexions au sujet de « Salon de l’érotisme : sordide et très cliché ! »

  1. Bonjour Philippe, j’ai lu avec intérêt ton article, comme un grand nombre d’autres que tu as publié. Bravo pour le travail accompli. Par contre , celui-ci me fait un peu bondir, c’est peut-être le but recherché, si pas il a au moins le résultat de mener à l’échange… Ton article reflète ton opinion, et comme tout le monde le sait, une opinion est personnelle et il existe autant d’opinions qu’il y a de personnes dans le monde. Tu as vécu une mauvaise expérience lors de ce salon, qui ne rencontrait pas tes attentes, mais est-ce une raison de rentrer dans la généralisation et de basculer dans le cliché à ton tour. Tu animes un blog, tu as une énorme responsabilité dans ton placement, c’est pour cela que je bondi, car tu t’es posé en juge et bourreau, condamnant l’ensemble des salons de l’érotisme, influençant de ce fait l’opinion de tout tes lecteurs; même si tu sauves les apparences en stipulant à la fin que chacun pourrait se faire son opinion en s’y rendant personnellement. Pour ma part, c’est ce que j’ai fait avec ma partenaire, je m’y suis rendu, à un premier, puis à d’autres, juste par curiosité et envie de mettre un peu de piment dans mon couple histoire de ne pas sombrer dans la monotonie. Certes, le monde du porno y a pris une place conséquente ces dernières années, mais j’y ai trouvé plein de choses amusantes pour agrémenter notre couple, dans la sensualité et l’érotisme sans verser dans le vulgaire pour autant… Un salon trop onéreux ? Je ne trouve pas, j’ai profité de la promotion courante faite aux couples, 20 euros pour le couple… Une petite coupe de champagne au bar en tête à tête pour 12 euros la flûte, 8 euros pour une boisson soft le tout devant, en fond, d’une prestation d’effeuillage sans vulgarité d’une charmante jeune fille. Pour le reste, les stands proposaient des tenues sexy et affriolantes pour madame, des sous vêtements sexy, des bijoux simples ou coquins. Des stands dédicaces et des alcôves pour des shows privés (que je regrette comme toi être payants, car le but est de faire plaisir au visiteur et non de le faire payer pour faire une photo même non dédicacée, mais bon tout le monde est libre d’accepter ou pas de céder à la tentation…); un stand book-photo gratuit fait par des pros où les visiteurs peuvent faire un book sexy et sensuel à deux ou en solo. Une scène principale, où des artistes viennent de toute l’europe pour faire leur show sensuel ou érotique devant un publique curieux le plus souvent. Comme je l’ai dit précédemment, c’était la journée couple, donc le public se composait essentiellement de couples, de tous âges et de toutes orientations sexuelles. L’ambiance y était conviviale, nous avons même lié connaissance avec plusieurs couples qui comme nous venaient de France et de Belgique pour passer un moment évasion et trouver des idées pour mettre un peu d’exotisme dans leur relation de couple. Pour nous, ces sorties sont toujours un bon moments, je pense que c’est parce que l’érotisme, nous le développons déjà bien avant d’arriver dans les salons; nous n’attendons pas qu’ils nous fournissent l’érotisme sur place. C’est comme pour un échange sexuel avec ma partenaire, cela ne commence pas juste au moment d’avoir le rapport, cela commence bien avant, déjà dans la tête lorsque nous nous imaginons l’idée d’avoir des préliminaires, puis le rapport… Bien vivre sa sexualité ça se prépare avant tout dans la tête, car nous sommes tous pourvu de deux sexes, le premier est l’organe reproducteur et le second est notre cerveau qui est comme une bougie de préchauffage du premier. Bref nous y avons passé un excellent moment pendant et après le salon… Cela n’engage que notre appréciation personnelle, c’est pour cela que je conseil toujours à chacun de s’y déplacer que s’il part avec l’envie réelle de trouver et partager une source d’inspiration pour sa libido ou entretenir celle de son couple…

    1. Voilà une vision parfaitement complémentaire à la mienne. Les points de vue diffèrent et s’enrichissent les uns les autres en laissant à chacun la responsabilité des valeurs qui lui sont propres.
      Je pense que nous avons tous besoin d’une vision élargie de l’érotisme afin d’y trouver notre épanouissement. Le salon dont on parle ici présentait une palette plutôt restreinte de cet univers fascinant… Qui sait si je pourrais un jour apporter ma pierre à l’édifice de l’érotisme en participant à ce genre de salon ?

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